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« No code » : la formation aussi a le droit à la paresse !
1 MARS 2023
Plus besoin d’outil auteur pour produire des contenus pédagogiques digitaux ni même d’être programmeur pour créer des applications (un LMS, par exemple) ? Déjà présentes dans l’univers du développement informatique, les plateformes « no code », qui privilégient le « développement visuel » (grosso modo : le déplacement d’objets et d’images génère le code), pourraient changer la donne dans le secteur de la formation et du Digital Learning… À utiliser avec modération, car le « no code » ne saurait remplacer les compétences du métier. Brèves considérations assorties de quelques conseils pour choisir la bonne plateforme.

Une tendance que l’on peut constater depuis vingt ans, dans le champ de la formation (comme dans nombre d’autres domaines) : la connaissance d’un langage informatique est progressivement devenue inutile, à mesure qu’il était remplacé par des « langages (toujours plus) évolués ». Ce mouvement s’est exprimé dans l’avénement des outils auteurs dont le marché n’a cessé de croître. D’abord, des outils auteurs destinés aux concepteurs multimédia chevronnés ; ,puis aux formateurs qui, n’ayant pas l’intention de se former sur ces outils parfois d’une certaine complexité, ont pu se rabattre sur le « rapid learning » (fondé sur le principe d'importation et d'enrichissement de Powerpoint) ; pour déboucher enfin sur des plateformes auteurs permettant à plusieurs auteurs de collaborer entre eux, voire avec des experts de contenus (on pense aux plateformes de collaborative learning comme 360Learning). À noter : l’authoring n’a pas manqué d’investir aussi l’univers des Serious Games.

Cette tendance pourrait bien s’accélérer avec le « no code » outillé par des plateformes hautement visuelles permettant de créer et d’agencer textes, vidéos, quiz, comme on peut le faire avec la plupart des outils auteurs. Les deux — outils auteurs et no code — utilisent également des templates pour simplifier et accroître la productivité des formateurs en mettant à leur disposition des modèles de cours, de Serious Games, de simulations pédagogiques, etc. Les services rendus par les outils auteurs et le « no code » semblent si proches qu’on se demande ce qui pourrait les différencier… La différence tient dans la perspective choisie : dans sa promesse (l’utilisateur développe des applications, simplement, en jonglant avec des éléments visuels), le « no code » a une visée nettement plus large qui lui ouvre des domaines de développement plus étendus (sites web, apps, chatbots, etc.). Le « no code » permet aussi, en théorie (mais la pratique ne devrait pas tarder), de développer des logiciels de formation (à quand le premier LMS développé sur mesure en « no code » par une Direction Formation ?). (On peut noter ici une convergence possible avec l’IA générative, à même d’intervenir, elle aussi, dans la production et l’optimisation de code informatique.).

Pratiquement, il est d’ores et déjà possible de tester cette approche grâce à l’une des nombreuses plateformes de « no code » existantes : Bubble (création de site web et d’apps), Glide (apps produites à partir de base de données sous la forme de Google Sheets) ou encore Adalo… Aucune de ces plateformes n’est à même de répondre universellement aux besoins des formateurs ; lesquels devront assurer une veille solide pour déterminer celle qui répond le mieux à ses attentes, en fonction des projets de formation, et notamment des types de contenu à produire. Le « fonctionnel » est donc un critère de choix essentiel ; si la plateforme de no code est principalement destinée, par exemple, à produire des quiz, on pourra regarder du côté de Google Forms (Eh oui !), ou de Quizzpot ou encore de Quizlet (dans le monde universitaire) pour créer aussi des flashcards, pour ne citer que ces plateformes (on n’a que l’embarras du choix).

Enfin, on n’oubliera pas que la plateforme de « no code » doit être simple d’utilisation (car, si la plupart des plateformes de « no code » ne demandent strictement aucune compétence de développement, d’autres proposeront une sorte de « mi-chemin » aux programmeurs en leur facilitant le travail, mais en leur offrant de surcroît la possibilité d’intervenir dans le code) et d’un coût connu à l’avance (plateforme payante ou gratuite, les modules économiques sont ici variables)… 

JLB

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